Exécution budgétaire 2026 : 1 558 milliards FCFA de recettes mobilisées après 4 mois, selon le ministre des Finances

16 mai 2026

Exécution budgétaire 2026 : 1 558 milliards FCFA de recettes mobilisées après 4 mois, selon le ministre des Finances

Le ministre des Finances et du Budget a présenté ce vendredi 15 mai 2026 à l’Assemblée nationale les premiers chiffres de l’exécution budgétaire 2026, à l’occasion de son audition devant la Commission des finances et du contrôle budgétaire.

Selon les données communiquées, les recettes du budget général atteignent 1 558 milliards FCFA à fin avril 2026. Ce montant représente environ 26,2 % des prévisions annuelles fixées à 5 932 milliards FCFA dans la Loi de finances 2026.

Ce que prévoit la Loi de finances 2026

Pour l’exercice 2026, la Loi de finances prévoit :

  • 5 932 milliards FCFA de recettes budgétaires ;
  • 7 177 milliards FCFA de dépenses ;
  • un déficit budgétaire de 1 245 milliards FCFA, soit 5,37 % du PIB.

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Situation budgétaire à fin mars 2026

Le ministre a également détaillé les chiffres arrêtés à fin mars 2026 :

  • les recettes du budget général s’élèvent à 1 139,5 milliards FCFA, soit 19,2 % de l’objectif annuel ;
  • les dépenses atteignent 1 482,7 milliards FCFA, soit 20,7 % des prévisions annuelles ;
  • le déficit budgétaire ressort à 343,2 milliards FCFA, correspondant à 1,5 % du PIB.

Le ministère indique que l’exécution budgétaire du premier trimestre s’est déroulée dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs conséquences sur les coûts énergétiques et les équilibres budgétaires.

165,5 milliards FCFA mobilisés pour le secteur de l’énergie

Au cours de son intervention, le ministre des Finances a indiqué que l’État a procédé à un décaissement anticipé de 165,5 milliards FCFA au profit du secteur de l’énergie.

Selon les explications fournies :

  • 60 milliards FCFA ont servi à sécuriser l’approvisionnement en combustible de la SENELEC ;
  • 97,5 milliards FCFA ont été mobilisés pour couvrir des pertes commerciales et intérêts financiers liés au secteur énergétique.

Le gouvernement explique ces dépenses par la hausse des coûts pétroliers liée aux tensions internationales et à la fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz.

Le ministre a évoqué une gestion « prudente et rigoureuse » des dépenses publiques dans un contexte de fortes incertitudes sur les prix des hydrocarbures.

Une exécution jugée contrastée par les députés

Dans son rapport d’évaluation présenté après l’intervention du ministre, la Commission des finances de l’Assemblée nationale estime que l’exécution budgétaire du ministère présente des résultats contrastés.

Les députés relèvent notamment :

  • une bonne dynamique sur les recettes fiscales et douanières ;
  • des résultats jugés satisfaisants sur certains programmes liés aux douanes, aux retraites et au secteur financier ;
  • mais également plusieurs retards sur certaines réformes structurelles et programmes de modernisation.

La commission cite notamment :

  • la modernisation foncière et cadastrale ;
  • certains projets de digitalisation ;
  • le fonds de stabilisation ;
  • le fonds de restructuration des sociétés publiques ;
  • ainsi que les mécanismes de garanties et avals.

Les parlementaires soulignent enfin que plusieurs indicateurs de performance restent encore insuffisamment renseignés après les quatre premiers mois d’exécution budgétaire.

Source: Vidéo audition Assemblée nationale — 15 mai 2026