Allocution du Ministre de l’Economie Rapport Économique et Financier (REF) - LFI 2026
PDF - 739.0 KB
Résumé
Ce document est une allocution prononcée par Monsieur Abdourahmane Sarr, Ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, devant les commissions des Finances et des Affaires économiques de l'Assemblée nationale du Sénégal. Il présente le Rapport Économique et Financier (REF) annexé au projet de Loi de Finances Initiale (LFI) pour 2026. Le discours analyse les performances économiques du Sénégal sur la décennie 2014-2024, les perspectives pour 2025-2026, et les mesures proposées pour une croissance résiliente et inclusive, axée sur la transformation structurelle et la consolidation budgétaire.
Points clés
- Le REF 2026 est élaboré dans un contexte de ralentissement économique mondial (croissance prévue à 3,1% en 2026 par le FMI) et de contraintes budgétaires nationales.
- La croissance économique du Sénégal a atteint 5,5% en moyenne annuelle entre 2014 et 2024, mais avec une décélération depuis 2018, notamment dans le secteur manufacturier (13,8% du PIB en 2024 contre 21% en 2004).
- La dette publique s’élève à 119% du PIB en 2024, réduisant les marges de manœuvre budgétaires.
- La Stratégie nationale de Développement du Secteur privé et de Promotion de l'Investissement (SNDSPI) est présentée comme un levier de transformation, structurée autour de trois piliers : compétitivité des pôles territoires, facilitation des affaires, et appui aux entreprises.
- La croissance pour 2025 est estimée à 7,8%, portée par la production d’hydrocarbures (+110,6%) et une bonne campagne agricole (8,2%). En 2026, elle est projetée à 5%, avec un déficit budgétaire ramené à 5,4% du PIB (contre 7,8% en 2025).
- Le projet de LFI 2026 vise à poursuivre la consolidation budgétaire pour atteindre un déficit de 3% du PIB d’ici 2027, en réduisant les dépenses improductives et en mobilisant davantage de recettes.
- Le financement du déficit privilégie les titres publics en monnaie locale pour réduire la dépendance aux emprunts en devises.
Détails et éléments notables
- Contexte économique :
- Croissance mondiale : 3,2% en 2025 et 3,1% en 2026 (FMI).
- Croissance du PIB non agricole au Sénégal : 3,5% en 2024 (contre 5,8% en 2017).
- Désindustrialisation : le secteur manufacturier passe de 21% du PIB en 2004 à 13,8% en 2024.
- Investissements publics : croissance de 12,2% sur 2014-2024, mais inefficacité mesurée par un ICOR de 5,4 (contre 3,9 en Côte d’Ivoire).
- Stratégie SNDSPI :
- Piliers : compétitivité des pôles territoires, facilitation des affaires, appui aux entreprises.
- Mesures clés : développement des chaînes de valeur, redynamisation des zones économiques (ZES, agropoles), réforme du foncier, digitalisation des procédures administratives, promotion des PPP.
- Perspectives 2025-2026 :
- 2025 : croissance de 7,8% (hydrocarbures +110,6%, agriculture +8,2%).
- 2026 : croissance projetée à 5% (primaire +6,1%, tertiaire +5,4%, secondaire +2,9%).
- Déficit budgétaire : 5,4% du PIB en 2026 (contre 7,8% en 2025).
- Événements majeurs : Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) en novembre 2026, avec des investissements attendus dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration et des transports.
- Finances publiques :
- Consolidation budgétaire : réduction des dépenses improductives et mobilisation accrue des recettes.
- Stratégie d’endettement : priorité aux financements en monnaie locale (titres publics, appels à l’épargne).
- Accompagnement du FMI pour renforcer la crédibilité du cadre macroéconomique.
- Acteurs et références :
- Ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération (M. Abdourahmane Sarr).
- Ministère des Finances et du Budget (M. Cheikh Diba).
- Commissions parlementaires : Finances et Contrôle budgétaire, Affaires économiques.
- Programmes : Plan de Redressement économique et social (PRES), Agenda national de Transformation, Stratégie nationale de Développement (SNDSPI).
- Institutions : Fonds Monétaire International (FMI), OPEP (entrée du Sénégal comme pays exportateur de pétrole et gaz).