Loi uniforme n°2014/12 sur le contentieux des infractions à la réglementation des relations financiè

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Résumé

La loi uniforme n°2014/12 du 28 février 2014, promulguée par le Président de la République du Sénégal, vise à moderniser et harmoniser le contentieux des infractions à la réglementation des relations financières extérieures au sein des États membres de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Elle abroge les dispositions antérieures, notamment la loi n°94-54 du 27 mai 1994, et s'aligne sur le Règlement n°09/2010/CM/UEMOA du 1er octobre 2010. La loi introduit des innovations pour renforcer l'efficacité du dispositif répressif, notamment en clarifiant la définition des infractions, en élargissant les acteurs habilités à constater les infractions, et en précisant les sanctions applicables aux personnes physiques et morales.

Points clés

  • Abrogation des lois antérieures (loi n°94-54 du 27 mai 1994) et adaptation au Règlement n°09/2010/CM/UEMOA.
  • Définition élargie des infractions, incluant les tentatives, complicités et incitations.
  • Habilitation des agents de la BCEAO à constater les infractions.
  • Distinction des sanctions entre personnes physiques et morales, avec des peines d'emprisonnement et des amendes proportionnelles aux montants en infraction.
  • Création d'une Commission du Contentieux des infractions à la réglementation des relations financières extérieures.
  • Régime spécifique pour les établissements de crédit, avec des sanctions prononcées par la BCEAO ou la Commission Bancaire de l'UMOA.
  • Sanctions pour défaut de rapatriement des recettes d'exportation et pour refus de communication d'informations.
  • Application des dispositions aux infractions commises dans un autre État membre de l'UEMOA.

Détails et éléments notables

  • Références juridiques :
    • Règlement n°09/2010/CM/UEMOA du 1er octobre 2010.
    • Loi portant réglementation bancaire (articles 71, 72, 76, 77, 78, 80 et 83).
    • Article 363 du Code Pénal (secret professionnel).
  • Acteurs et institutions :
    • Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
    • Commission Bancaire de l'UMOA.
    • Ministre chargé des Finances.
    • Commission du Contentieux des infractions à la réglementation des relations financières extérieures.
    • Agents des douanes, officiers de police judiciaire, et agents assermentés de l'État.
  • Sanctions et peines :
    • Peines d'emprisonnement de 1 à 7 ans pour les personnes physiques.
    • Amendes proportionnelles aux montants en infraction (minimum égal à la somme ou valeur de l'infraction, maximum jusqu'au décuple).
    • Sanctions spécifiques pour les établissements de crédit (prises par la BCEAO ou la Commission Bancaire).
    • Interdictions professionnelles pour les personnes physiques et morales condamnées.
    • Confiscation des objets et moyens de transport utilisés pour l'infraction.
  • Procédures :
    • Transaction possible avant ou après l'engagement de l'action publique, sous conditions.
    • Obligation de consulter la Commission du Contentieux pour les transactions dépassant un seuil fixé par décret.
    • Prescription de l'action publique alignée sur celle des délits de droit commun.
  • Champ d'application :
    • Personnes physiques et morales (hors État).
    • Infractions commises sur le territoire national ou dans un autre État membre de l'UEMOA.