Résumé
Le député Mamadou Diop a posé une question orale au Ministre du Commerce, de l'Industrie et du Secteur Informel, Alioune Sarr, concernant la situation critique de la filière oignon au Sénégal. Il souligne les pertes importantes subies par les producteurs locaux en raison de l'invasion du marché par l'oignon importé, malgré les mesures de protection existantes. Mamadou Diop interroge le gouvernement sur les causes de cette situation et les dispositions prises pour éviter sa répétition.
Points clés
- Contexte de la question : Perte de milliers de tonnes d'oignon local invendues en raison de l'importation massive d'oignon étranger.
- Production locale : Augmentation significative de la production, passant de 70 000 tonnes dans les années 2000 à environ 250 000-260 000 tonnes en 2013.
- Problématiques soulevées :
- Non-absorption du marché local de la production sur une période de sept mois (février à août).
- Pertes post-récoltes estimées à 100 000 tonnes par an, équivalant à 16,5 milliards de francs CFA.
- Importations annuelles d'environ 120 000 tonnes d'oignon depuis 2003.
- Dysfonctionnements identifiés :
- Décalage entre la mise en place du gel des importations et la disponibilité de l'oignon local.
- Importations anticipées et stockage au port par certains importateurs pour contourner le gel.
- Importation de 5 000 tonnes supplémentaires par rapport aux encours déclarés.
- Mesures annoncées par le Ministre :
- Réforme des demandes d'importation de produits alimentaires (DIPA) : durée de validité limitée à deux mois, non cessibles et nominatives.
- Anticipation de la période de régulation dès octobre 2013 pour la campagne 2013-2014.
- Mise en place d'une brigade de surveillance 24h/24 au port et sur les marchés clés.
- Réexportation sous escorte douanière de 2 500 tonnes d'oignon importées illégalement.
- Prospection de marchés sous-régionaux (Mauritanie, Guinée) pour l'exportation de l'oignon local.
- Amélioration des techniques culturales et de conservation, ainsi que le soutien à la transformation de l'oignon.
- Acteurs et institutions mentionnés :
- Ministère du Commerce, de l'Industrie et du Secteur Informel.
- Agence de Régulation des Marchés (ARM).
- Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX).
- Direction de l'horticulture.
- Producteurs locaux et Association nationale des producteurs de la filière oignon (Président Diamyody BA).
Détails et éléments notables
- Chiffres et montants :
- Production d'oignon en 2010 : 235 000 tonnes, chiffre d'affaires de 35 milliards de francs CFA.
- Pertes annuelles estimées : 41 milliards de francs CFA (pertes post-récoltes + importations).
- Importations d'oignon : 89 000 tonnes en 2006, 95 000 tonnes en 2007, 133 000 tonnes en 2011, 123 000 tonnes en 2012.
- Demande sous-régionale : 6 000 tonnes/mois en Mauritanie, 9 000 tonnes/mois en Guinée.
- Références et procédures :
- Système de gel des importations organisé par l'Agence de Régulation des Marchés (ARM) en concertation avec l'interprofession.
- Demandes d'importation de produits alimentaires (DIPA) soumises au ministère du Commerce.
- Problématiques récurrentes :
- Qualité de la semence et conservation de l'oignon local.
- Spéculation des producteurs locaux sur les prix après le gel des importations.
- Manque d'utilisation des infrastructures de stockage par les producteurs.
- Perspectives et recommandations :
- Amélioration de la qualité de la semence pour une conservation annuelle.
- Renforcement des capacités de stockage et de transformation.
- Sensibilisation au consommer local et patriotisme économique.
- Cibler les marchés sous-régionaux et internationaux pour l'exportation.