Déclaration de Politique Générale de Son Excellence Monsieur Mamadou Lamine Loum

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Résumé

Le Premier Ministre Mamadou Lamine Loum présente devant l'Assemblée Nationale du Sénégal la déclaration de politique générale du gouvernement, investi par le Président Abdou Diouf. Ce discours, prononcé le 12 août 1998, expose les orientations stratégiques visant à approfondir l'État de droit, accélérer la croissance économique et satisfaire la demande sociale. Il détaille les réformes institutionnelles, économiques, sociales et sectorielles prévues pour positionner le Sénégal comme un acteur dynamique sur la scène internationale et améliorer la qualité de vie des Sénégalais.

Points clés

  • Renforcement de l'État de droit et de la démocratie, avec la création du Sénat, d'un statut de l'Opposition et d'un mécanisme de financement des partis politiques.
  • Modernisation de la justice, incluant des réformes législatives et réglementaires, l'informatisation des greffes et la promotion des modes alternatifs de règlement des conflits.
  • Promotion de la bonne gouvernance, de la transparence et de la lutte contre la corruption, avec une réforme de l'administration publique et une concertation sur le service public.
  • Amélioration de la sécurité et de la défense nationale, incluant la police de proximité, la protection civile et une stratégie préventive pour les forces armées.
  • Politique étrangère axée sur la paix, la sécurité internationale, l'intégration africaine et la gestion des Sénégalais de l'Extérieur.
  • Stratégie économique visant à accroître la compétitivité, la productivité et la croissance, avec des objectifs macroéconomiques ambitieux (croissance de 6 %, inflation sous 3 %, etc.).
  • Réformes sectorielles dans l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'énergie, les mines, les transports, les télécommunications et le tourisme.
  • Développement des secteurs sociaux (éducation, santé, hydraulique) et lutte contre la pauvreté via des programmes ciblés.
  • Création d'emplois et insertion des jeunes, avec la mise en place d'une agence nationale pour l'Emploi et des programmes d'appui aux projets initiés par les jeunes.
  • Promotion de la culture, du sport et de la femme, avec des projets spécifiques et une approche genre intégrée dans les politiques sectorielles.
  • Méthode gouvernementale basée sur la responsabilité, la transparence, la durée et la disponibilité envers les citoyens et leurs représentants.

Détails et éléments notables

  • Références institutionnelles et juridiques :
    • Création du Sénat (bicamérisme) prévue pour le début de l'année suivante.
    • Statut de l'Opposition et mécanisme de financement des partis politiques en préparation.
    • Réforme de la législation foncière pour sécuriser l'investissement privé agricole.
    • Révision du Code des marchés publics et création d'une Centrale d'achats.
    • Plan décennal de développement touristique et Plan National de Développement Sanitaire (PNDS).
    • Accord de sécurité et de défense avec la Guinée-Bissau (1975 et 1990).
  • Chiffres et montants :
    • 1200 milliards de F CFA de concours extérieurs mobilisés lors du Groupe Consultatif d'avril 1998.
    • 500 milliards de F CFA pour le Programme d'Investissement Sectoriel de l'Agriculture (PISA).
    • 90 milliards de F CFA pour le Programme national d'Infrastructures rurales (PNIR).
    • 300 milliards de F CFA pour le Plan directeur de Développement de la Rive gauche du Fleuve Sénégal (PDRG).
    • 35 milliards de F CFA investis dans la pêche sur quatre ans.
    • 200 milliards de F CFA pour le sous-secteur de l'électricité sur trois ans.
    • 400 milliards de F CFA pour le secteur des transports sur quatre à cinq ans.
    • 115 milliards de F CFA pour les télécommunications d'ici l'an 2000.
    • 60 milliards de F CFA pour le Programme National de Lutte contre la Pauvreté (PNLP).
    • 150 milliards de F CFA pour le Troisième Projet Eau et 300 milliards pour la solution à long terme.
    • Objectif de 12 000 logements et parcelles viabilisées par an d'ici l'an 2000.
  • Acteurs et institutions :
    • Président Abdou Diouf, Chef de l'État et Chef Suprême des Armées.
    • Assemblée Nationale et futur Sénat.
    • Observatoire National des Élections (ONEL).
    • Organisations internationales : OUA, UEMOA, CEDEAO, OMVG, OMVS, CILSS, ONU, OCI, Francophonie, etc.
    • Institutions sectorielles : SENELEC, SONATEL, Pharmacie Nationale d'Approvisionnement (PNA), Agence de développement municipal (ADM), etc.
    • Partenaires sociaux : patronat, syndicats, organisations de la société civile.
  • Projets et réformes clés :
    • Création d'une agence de promotion des investissements et d'une agence nationale pour l'Emploi.
    • Mise en place d'un Centre national de Productivité et de l'Observatoire national de l'Emploi.
    • Programmes sectoriels : PISA, PNIR, PSAOP, PMIA, PDEF, PAES, etc.
    • Réforme de la fiscalité locale et harmonisation fiscale dans le cadre de l'UEMOA (Tarif Extérieur Commun en 2000).
    • Modernisation de l'administration judiciaire et création d'une Agence sénégalaise d'Électrification rurale.
    • Plan d'action pour l'emploi et programme d'appui aux projets initiés par les jeunes.
  • Objectifs sociaux :
    • Taux de scolarisation de 70 % en 2000 et scolarisation universelle en 2008.
    • Réduction du taux d'analphabétisme de 73 % en 1995 à un niveau inférieur d'ici 2010.
    • Amélioration de la couverture sanitaire et réduction de la mortalité infanto-juvénile et maternelle.
    • Taux d'électrification rurale porté à 15 % en 2000 et 25 % en 2005.
    • Taux de desserte en eau potable en milieu rural porté à 35 litres par habitant et par jour d'ici 2000.