Déclaration de Politique Générale de Son Excellence Monsieur Habib Thiam, Premier Ministre

PDF · 13.1 MB

Résumé

Le 17 juin 1993, devant l'Assemblée nationale du Sénégal, Monsieur Habib Thiam, Premier Ministre, a présenté la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement sous la haute autorité du Président Abdou Diouf. Ce discours expose les orientations stratégiques du gouvernement pour répondre aux défis économiques, sociaux et politiques du pays, dans un contexte marqué par des difficultés climatiques, économiques et sociales. Il met l'accent sur la relance économique, la consolidation de la démocratie, la modernisation de l'État, et le renforcement des relations internationales, tout en soulignant l'importance de la solidarité nationale et africaine.

Points clés

  • Réaffirmation de l'attachement du Sénégal à la démocratie, à l'État de droit et aux droits de l'Homme.
  • Formation d'un gouvernement de rassemblement et d'ouverture, incluant plusieurs formations politiques (PS, LD/MPT, PIT, PDS-R).
  • Priorité à la relance économique, avec un accent sur l'autosuffisance alimentaire, la promotion du secteur privé, et le développement des PME/PMI.
  • Renforcement de la coopération internationale, notamment avec les pays voisins, le Maghreb, le Moyen-Orient, et les partenaires du Nord.
  • Modernisation de l'administration publique et décentralisation pour améliorer l'efficacité et la proximité avec les citoyens.
  • Politique sociale ambitieuse visant à améliorer les conditions de vie, l'accès au logement, à la santé, à l'éducation et à l'emploi.
  • Engagement à créer 20 000 emplois par an et à soutenir les Sénégalais de l'extérieur.
  • Promotion de l'intégration économique africaine et de la coopération Sud-Sud.
  • Réformes dans les secteurs de la justice, de la santé, de l'éducation et de l'environnement.

Détails et éléments notables

  • Références institutionnelles et politiques :
    • Gouvernement de coalition incluant le PS, LD/MPT, PIT et PDS-R.
    • Mention du Traité d'Amitié et de Coopération avec la Gambie et du Traité sur la délimitation de la frontière maritime avec le Cap-Vert.
    • Rôle du Sénégal dans la création d'un mécanisme de prévention et de résolution des conflits au sein de l'OUA.
    • Création du Conseil supérieur des Sénégalais de l'Extérieur.
  • Chiffres et montants :
    • Ligne de crédit de la BAD pour les PME/PMI : 100 millions d'Unités de compte (39 milliards de FCFA).
    • Financement de 423 projets par le Fonds de Promotion Économique (FPE) pour un montant total de 17,733 milliards de FCFA.
    • Investissement global de 35,916 milliards de FCFA avec la création ou consolidation de 14 722 emplois via le FPE.
    • Financement de l'ACEP : 4,410 milliards de FCFA pour 5 177 projets, maintenant 22 685 emplois.
    • Budget pour l'hydraulique : 70 milliards de FCFA pour 700 forages.
    • Programme d'aménagement du Canal du Cayor : 4,4 milliards de FCFA.
    • Budget santé : objectif de 9 % du budget national, avec 21 milliards de FCFA investis entre 1993 et 1995.
  • Acteurs et institutions :
    • Président Abdou Diouf, Chef de l'État.
    • Premier Ministre Habib Thiam.
    • Banque Africaine de Développement (BAD), Fonds Monétaire International (FMI), Banque Mondiale.
    • SONACOS, SAED, SODEFITEX, SODAGRI, SONADIS, SICAP, SNHLM, HAMO, BHS.
    • Fonds de Promotion Économique (FPE), Agence de Crédit pour l'Entreprise Privée (ACEP), AGETIP.
    • Organisations internationales : OUA, CEDEAO, G15, OCI.
  • Secteurs prioritaires :
    • Agriculture : intensification des cultures (projet SENCHIM), autosuffisance alimentaire, subventions aux intrants.
    • Élevage : amélioration de la productivité, gestion des troupeaux, commercialisation.
    • Pêche : modernisation des infrastructures, surveillance des zones littorales, marché central de poissons.
    • Industrie : restructuration des entreprises publiques, privatisations, promotion des PME/PMI.
    • Énergie : électrification rurale, développement de l'énergie solaire, recherche pétrolière et minière.
    • Transports : réhabilitation des routes, modernisation des infrastructures aéroportuaires et ferroviaires.
    • Tourisme : plan d'urgence pour redresser le secteur, diversification de l'offre.
    • Éducation : réforme de l'enseignement supérieur, généralisation de l'enseignement élémentaire, alphabétisation.
    • Santé : décentralisation des districts sanitaires, réforme du secteur pharmaceutique, prévention et soins de santé primaires.
    • Logement : production de logements sociaux, viabilisation de parcelles, restructuration des quartiers.
  • Réformes et mesures :
    • Modernisation de l'administration : audits stratégiques, déconcentration, contrôle des effectifs.
    • Réforme du secteur parapublic : privatisations, contrats de programme, désengagement de l'État.
    • Création d'un marché des actions et des titres pour favoriser l'actionnariat populaire.
    • Réforme du secteur des assurances et du système bancaire.
    • Politique de maîtrise de l'eau : remise en eau des vallées fossiles, forages, barrages.
    • Environnement : lutte contre la désertification, reforestation, gestion des ressources naturelles.