Déclaration de Politique Générale de Habib Thiam

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Résumé

Discours-programme prononcé par Son Excellence Monsieur Habib Thiam, Premier Ministre du Gouvernement de la République du Sénégal, devant l'Assemblée Nationale le 26 juin 1991. Ce discours présente le programme d'action du gouvernement, articulé autour des orientations définies par le Président Abdou Diouf, visant à relever les défis économiques, sociaux et politiques du pays.

Points clés

  • Réformes politiques et consolidation de la démocratie : révision de la Constitution, création du poste de Premier Ministre, élargissement de la majorité présidentielle, révision du Code électoral, création d'un Haut Conseil de l'Audiovisuel et d'une Médiature.
  • Priorités économiques : autosuffisance alimentaire, amélioration de la balance commerciale, maîtrise des finances publiques, soutien aux PME/PMI, privatisation des entreprises parapubliques, et modernisation des secteurs agricole, industriel et minier.
  • Développement rural : relance de la production agricole (riz, arachide, coton), modernisation des techniques culturales, soutien aux agro-pasteurs, et gestion rationnelle des ressources naturelles.
  • Politique sociale : amélioration des conditions de vie, dialogue avec les partenaires sociaux, modernisation du Code du Travail, et renforcement des secteurs de la santé, de l'éducation et du logement.
  • Intégration africaine et coopération internationale : renforcement des relations avec les pays voisins, participation active à la CEDEAO et à l'OUA, et promotion de la coopération Sud-Sud.
  • Modernisation de l'État : décentralisation, réforme de l'administration territoriale, et amélioration des services publics.
  • Préparation des élections présidentielles et législatives de 1993 : révision des listes électorales et généralisation de la carte nationale d'identité.

Détails et éléments notables

  • Références institutionnelles et juridiques :
    • Révision de la Constitution (réintroduction du poste de Premier Ministre).
    • Loi d'orientation de l'éducation et de la formation (promulguée le 16 février 1991).
    • Décret présidentiel créant le Haut Conseil de l'Audiovisuel (mai 1991).
    • Lois du 8 octobre 1990 sur la décentralisation et la gestion des communes.
  • Chiffres et montants :
    • Importation annuelle de riz : 350 000 à 400 000 tonnes, coûtant 35 milliards de FCFA.
    • Production d'arachide : objectif de dépasser les 245 000 tonnes commercialisées en 1990/1991.
    • Prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme d'arachide commercialisé.
    • Budget de l'éducation : 27 % du budget général de fonctionnement de l'État.
    • Programme d'ajustement sectoriel des transports : financement de 165 milliards de FCFA (1991-1995).
    • Coût du marché central moderne de poissons : environ 3 milliards de FCFA.
    • Coût de la carte nationale d'identité : plus d'un milliard de FCFA.
    • Nombre d'entreprises parapubliques : 85, dont 8 sociétés nationales employant 29 500 agents.
  • Acteurs et institutions :
    • Président Abdou Diouf : initiateur des réformes politiques et économiques.
    • Gouvernement : dirigé par Habib Thiam, incluant des représentants du PS, PDS et PIT.
    • SONACOS, SONAGRAINES, SODEFITEX, CSS : entreprises parapubliques concernées par la privatisation ou la restructuration.
    • Caisse nationale de Crédit agricole du Sénégal (CNCAS) : privatisation envisagée.
    • Banque africaine de développement (BAD) : soutien au développement du secteur privé.
    • Commission sous-régionale des Pêches : cadre de coopération halieutique.
  • Programmes et projets spécifiques :
    • États généraux de l'Éducation et de la Formation (EGEF).
    • Programme national de Planification Familiale.
    • Projet de développement des ressources humaines (volet éducation).
    • Symposium national sur l'Emploi (juillet 1991).
    • Coupe d'Afrique des Nations de Football « SENEGAL 92 ».
    • Projet de retraite privilégiée et de tourisme pour touristes japonais.
  • Indicateurs sociaux :
    • Mortalité infantile : 86 ‰.
    • Mortalité infanto-juvénile : 191 ‰.
    • Mortalité maternelle : 580 à 948 pour 100 000 naissances vivantes.
    • Taux d'analphabétisme et de malnutrition élevés.