Avis N° 64-02 sur le projet de Loi modifiant la Loi n° 61-32 du 13 Mai 1961 relative au Premier Plan

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Résumé

Le Conseil Économique et Social du Sénégal émet l'Avis N° 64-02 sur le projet de loi modifiant la Loi n° 61-32 du 13 mai 1961 relative au Premier Plan Quadriennal de Développement (1961-1964). Saisi par une demande officielle (lettre n° 1751/SG/CAB/L), le Conseil adopte cet avis à l'unanimité le 23 mars 1964, après examen par sa Commission du Plan élargie.

Points clés

  • Le Plan est jugé essentiel pour le développement économique et humain du Sénégal, mais son exécution a été marquée par des retards, des distorsions et un manque de rigueur, malgré des moyens financiers suffisants.
  • Le Conseil regrette le temps limité consacré à l'étude du projet de loi et souligne la nécessité d'une meilleure formation, information et animation des populations pour assurer le succès du Plan.
  • Des ajustements sectoriels sont proposés, notamment en infrastructure, agriculture, industrie, commerce, artisanat, tourisme, éducation, santé, habitat et finances publiques.
  • Le Conseil insiste sur la coordination entre secteurs public et privé, ainsi que sur la rigueur dans l'exécution financière et la planification des investissements.

Détails et éléments notables

  • Références légales :
    • Loi n° 61-32 du 13 mai 1961 (Premier Plan Quadriennal de Développement).
    • Projet de loi modifiant la Loi n° 61-32.
  • Chiffres et montants :
    • Crédits pour les chaussées revêtues : augmentation de 980 à 4 136 millions.
    • Majoration de plus de 5 milliards pour l'habitat et l'édilité.
  • Secteurs analysés :
    • Infrastructure et transports : Augmentation des crédits pour les routes et le ferroviaire, nécessité de travaux urgents (dragage des ports, réparation des quais de Dakar, nouvelle aérogare de Yoff).
    • Production végétale : Perte des surprix de l'arachide, nécessité de diversification et d'augmentation de la productivité (Plan IRAT/IRHO).
    • Production animale : Développement de la stabulation, élevage de bœufs de trait et circuits commerciaux compétitifs.
    • Pêche : Amélioration des circuits de commercialisation pour la pêche artisanale et développement de la pêche industrielle.
    • Industrie : Réduction des objectifs initiaux, nécessité de renforcer les échanges avec les États voisins et de réviser le Code des investissements.
    • Commerce : Rôle essentiel du commerce dans l'économie, nécessité d'un dialogue avec le secteur privé.
    • Artisanat : Retards dans la réalisation des objectifs, recommandation d'études sur les crédits accordés et les possibilités d'exportation.
    • Tourisme : Mise en place d'une infrastructure hôtelière et création d'une « ambiance » sénégalaise pour attirer le tourisme international.
    • Éducation et formation : Priorité à la qualité de l'enseignement, planification de la formation professionnelle et création d'un service civique obligatoire.
    • Santé : Priorité à la médecine rurale, préventive et collective, avec un accent sur l'éducation sanitaire.
    • Habitat et édilité : Coordination des organismes publics (Office des HLM, STCAP), amélioration de l'habitat rural et urbain, et développement de l'infrastructure sportive.
    • Finances publiques : Centralisation des interventions financières, rigueur dans l'exécution du Plan et sauvegarde du crédit de l'État.
    • Emploi : Lutte contre l'exode rural, adaptation de la formation aux besoins du marché, création d'un Institut Polytechnique.
  • Acteurs et institutions :
    • Conseil Économique et Social (émetteur de l'avis).
    • Commission du Plan élargie (rapport).
    • Organismes publics : Office des HLM, STCAP, Habitat, Crédit Populaire Sénégalais.
    • Secteurs privé et professionnel (implication souhaitée dans la planification).
  • Recommandations générales :
    • Amélioration des méthodes de travail des services publics et renforcement de leurs moyens.
    • Établissement de bilans réguliers pour le suivi des opérations du Plan.
    • Coordination accrue entre les différents secteurs et acteurs.
    • Transparence et communication claire des objectifs du Plan à la Nation.