Loi n°16/2010 portant loi de finances rectificative pour l'année 2010

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Résumé

La loi n°16/2010 portant loi de finances rectificative (LFR) pour l'année 2010 a été adoptée par l'Assemblée nationale du Sénégal le 25 mai 2010. Ce texte ajuste le budget initial de 2010, initialement fixé à 1 888 460 000 000 FCFA, pour le porter à 1 933 882 000 000 FCFA, soit une augmentation de 45 422 000 000 FCFA (2,41%). La LFR vise principalement à régulariser des engagements extrabudgétaires, réaménager certaines dotations, ratifier des décrets d'avance et augmenter la redevance sur l'accès ou l'utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL) de 2% à 5%.

Points clés

  • Augmentation du budget général de 2,41% par rapport à la loi de finances initiale (LFI) 2010.
  • Réévaluation de la dette publique à 189,130 milliards FCFA, en hausse de 15,030 milliards FCFA.
  • Prise en charge de 30,392 milliards FCFA pour les engagements extrabudgétaires, sous conditions de « bon à payer ».
  • Ratification des décrets d'avance pris en 2009 et 2010, notamment pour des dépenses urgentes.
  • Relèvement du taux de la RUTEL de 2% à 5%.
  • Assainissement des relations financières entre l'État et le secteur privé, avec des sanctions prévues pour les irrégularités.
  • Réaménagement des dotations budgétaires pour refléter les changements institutionnels (décret n°2010-421 du 31 mars 2010).

Détails et éléments notables

  • Références légales :
    • Loi organique relative aux lois de finances (articles 12, 15, 18, 22 et 26).
    • Loi n°2001-09 du 15 octobre 2001 portant loi organique relative aux lois de finances (article 2).
    • Loi n°2008-46 du 3 septembre 2008 instituant la RUTEL (article 4 modifié).
    • Décret n°2010-421 du 31 mars 2010 sur la répartition des services de l'État.
  • Chiffres et montants :
    • Budget initial (LFI 2010) : 1 888 460 000 000 FCFA.
    • Budget rectifié (LFR 2010) : 1 933 882 000 000 FCFA.
    • Dette publique réévaluée : 189,130 milliards FCFA (contre 174,100 milliards FCFA initialement).
    • Engagements extrabudgétaires : 30,392 milliards FCFA.
    • Déficit budgétaire révisé : 51,228 milliards FCFA (contre 42,800 milliards FCFA initialement).
  • Acteurs et institutions :
    • Commission de l'Économie générale, des Finances, du Plan et de la Coopération économique de l'Assemblée nationale, présidée par Madame Oumou Sow.
    • Ministre d'État, Ministre de l'Économie et des Finances : Monsieur Abdoulaye Diop.
    • Rapporteur : Monsieur Seydou Diouf.
    • Institutions concernées par les engagements extrabudgétaires : ministères, agences et établissements publics.
  • Mesures spécifiques :
    • Apurement des arriérés de paiement dus au secteur privé.
    • Critères d'éligibilité pour le « bon à payer » des dépenses extrabudgétaires : validité des pièces justificatives, respect des prix homologués, absence de récidive.
    • Sanctions pour les administrateurs de crédits et cocontractants responsables de dépenses irrégulières.
    • Augmentation des crédits pour certains secteurs : santé (recrutement de personnel, construction d'hôpitaux), énergie, aquaculture.
    • Réduction des crédits pour certains ministères (ex. : Ministère de la Jeunesse et des Sports : -1,69 milliard FCFA).
  • Observations de la Commission :
    • Critiques sur l'utilisation des décrets d'avance pour des dépenses prévisibles ou non urgentes.
    • Préoccupations concernant la prépondérance des dépenses de fonctionnement pour certaines institutions (Présidence de la République, Assemblée nationale, etc.).
    • Demande d'audit pour évaluer la situation financière des établissements publics de santé.
    • Interrogations sur la soutenabilité de la dette et le rythme de sollicitation du marché obligataire.