L'économie numérique, facteur de croissance au Sénégal

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Résumé

Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) du Sénégal présente un projet de rapport intitulé « L'économie numérique, facteur de croissance au Sénégal », élaboré par la Commission du Développement Industriel, de l'Énergie et des Technologies en avril 2014. Ce rapport analyse le potentiel de l'économie numérique comme levier de croissance économique et sociale, en s'appuyant sur un état des lieux du cadre légal, des secteurs clés, des acteurs et des impacts sectoriels. Il formule des recommandations pour renforcer ce secteur stratégique dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).

Points clés

  • L'économie numérique au Sénégal représente 11 % du PIB en 2010 (1er rang mondial selon l'UIT) et connaît une croissance annuelle de 15 % depuis 10 ans.
  • Le cadre légal repose sur la loi n° 2011-01 du 24 février 2011 portant Code des Télécommunications, transposant les directives de l'UEMOA et de la CEDEAO.
  • Les principaux acteurs incluent trois opérateurs de télécommunications (Sonatel, Sentel GSM, Sudatel), des fournisseurs d'accès internet, et plus de 300 PME en TIC.
  • Le secteur souffre de défis majeurs : tarifs élevés, faible débit, accès limité en zones rurales, et insuffisance des compétences.
  • L'économie numérique impacte divers secteurs : agriculture, pêche, commerce, emploi, administration, et éducation.
  • Des recommandations sont formulées pour renforcer l'audiovisuel, les télécommunications, les services informatiques et la régulation.

Détails et éléments notables

  • Références légales et réglementaires :
    • Loi n° 2011-01 du 24 février 2011 (Code des Télécommunications).
    • Loi n° 2008-08 du 25 janvier 2008 (transactions électroniques).
    • Loi n° 2008-11 du 25 janvier 2008 (cybercriminalité).
    • Loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 (protection des données personnelles).
    • Loi n° 2008-41 du 20 août 2008 (cryptologie).
    • Directives UEMOA (2006) et Actes additionnels CEDEAO (2007) sur l'harmonisation des TIC.
  • Chiffres et données sectoriels :
    • Téléphonie fixe : 346 980 lignes (taux de pénétration : 2,56 %).
    • Téléphonie mobile : 12,7 millions de lignes (taux de pénétration : 93,77 %).
    • Internet : 1,4 million de lignes (taux de pénétration : 10,54 %, bande passante : 18,7 Gbps).
    • Poids d'internet dans l'économie : 3,3 % (1er pays africain).
    • Emplois dans les centres d'appels : 4 000 entre 2001 et 2007 (APIX).
  • Acteurs institutionnels :
    • Ministère de la Communication et de l'Économie Numérique.
    • Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP).
    • Agence de l'Informatique de l'État (ADIE).
    • Conseil National de Régulation de l'Audiovisuel (CNRA).
    • Comité National de Pilotage de la Transition de l'Analogique vers le Numérique (CONTAN).
    • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT).
  • Recommandations majeures :
    • Création d'un Haut Conseil de l'Économie Numérique (cadre consultatif indépendant).
    • Promotion de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) et mutualisation des infrastructures.
    • Prise des décrets d'application de la loi n° 2011-01 et accélération de la portabilité des numéros.
    • Déploiement de l'internet haut débit sur tout le territoire et réduction des tarifs.
    • Renforcement de la formation aux TIC et promotion de la télémédecine et de la téléformation.
    • Réaffectation de 50 % des ressources du FDSUT et élaboration d'une stratégie nationale concertée.
  • Enjeux et défis :
    • Fracture numérique entre zones urbaines et rurales.
    • Inadéquation entre formation et besoins du secteur numérique.
    • Méfiance des consommateurs envers les paiements en ligne.
    • Dépendance énergétique pour le développement du service universel.