Loi organique n°2017/10 du 17 janvier 2017 portant Statut des magistrats et documents associés
5 décembre 2016 PDF · 5.3 MB
Résumé
La loi organique n°2017/10 du 17 janvier 2017 porte sur le statut des magistrats au Sénégal. Elle abroge et remplace la loi organique n°92-27 du 30 mai 1992, modifiée à plusieurs reprises. Ce texte vise à renforcer l'indépendance des magistrats, revaloriser certains emplois de la hiérarchie judiciaire et intégrer des emplois précédemment omis. Le projet de loi organique a été présenté à l'Assemblée nationale par décret n°2016-1796 du 18 novembre 2016 et adopté le 5 décembre 2016.
Points clés
- Abrogation de la loi organique n°92-27 du 30 mai 1992 et ses modifications (n°94-61, n°96-30, n°2000-23).
- Renforcement de l'indépendance des magistrats et revalorisation des emplois judiciaires.
- Création de nouveaux emplois judiciaires : inspecteur général adjoint de l'administration de la Justice, premier avocat général, conseiller référendaire à la Cour suprême, etc.
- Encadrement des affectations pour nécessité de service et formation continue des magistrats.
- Limitation de la durée de l'interdiction d'exercer pour un magistrat et évaluation annuelle basée sur le professionnalisme et le mérite.
- Interdiction pour les magistrats d'adhérer à un parti politique ou de participer à des manifestations politiques.
- Relèvement de l'âge de la retraite pour certains hauts magistrats à 68 ans.
- Recrutement de 35 magistrats par an pour atteindre un effectif de 800 magistrats d'ici 2027.
Détails et éléments notables
- Références légales :
- Décret n°2016-1796 du 18 novembre 2016 ordonnant la présentation des projets de loi organique.
- Loi organique n°92-27 du 30 mai 1992 et ses modifications (n°94-61, n°96-30, n°2000-23).
- Constitution du Sénégal, articles 80 et suivants.
- Dispositions générales :
- Le corps judiciaire comprend les magistrats de la Cour suprême, de l'administration centrale du ministère de la Justice, et des cours et tribunaux.
- Les magistrats sont nommés par décret sur proposition du ministre de la Justice, après avis du Conseil supérieur de la Magistrature.
- Inamovibilité des magistrats du siège et règles spécifiques pour les magistrats du parquet.
- Serment des magistrats et incompatibilités avec d'autres activités ou mandats électoraux.
- Devoirs et discipline :
- Sanctions disciplinaires allant du blâme à la révocation, prononcées par le Conseil supérieur de la Magistrature.
- Interdiction d'adhérer à un parti politique ou de participer à des manifestations politiques (article 14).
- Carrière et avancement :
- Classification des magistrats en grades et groupes, avec des conditions d'ancienneté pour l'avancement.
- Évaluation annuelle des magistrats basée sur une note chiffrée et une appréciation globale.
- Accès aux emplois hors hiérarchie après 3 ans d'ancienneté dans le premier groupe du premier grade.
- Cessation de fonctions :
- Limite d'âge fixée à 65 ans, avec extension à 68 ans pour certains hauts magistrats (article 65).
- Possibilité de conférer l'honorariat aux magistrats cessant leurs fonctions.
- Acteurs et institutions :
- Ministère de la Justice, Conseil supérieur de la Magistrature, Cour suprême, cours et tribunaux.
- Inspection générale de l'administration de la Justice.
- Assemblée nationale et Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains.