Loi n° 76-91 du 2 juillet 1976 relative à la Cour de discipline budgétaire
2 juillet 1976 PDF · 1.2 MB
Résumé
La loi n° 76-91 du 2 juillet 1976 modifie et remplace la loi n° 63-20 du 5 février 1963 pour réformer la Cour de discipline budgétaire au Sénégal. Ce texte vise à adapter cette juridiction spécialisée après 13 ans de fonctionnement, en renforçant ses procédures et ses sanctions pour une meilleure gestion des deniers publics.
Points clés
- Création d'un parquet autonome sous l'autorité du Garde des Sceaux, avec des pouvoirs étendus.
- Relèvement du minimum de l'amende de 10 000 à 50 000 francs.
- Allègement de la procédure par la réduction des "navettes" et des délais de traitement.
- Extension du délai de prescription de 3 à 5 ans.
- Saisie exclusive de la Cour par le Commissaire du Gouvernement, sous couvert du Garde des Sceaux.
- Publication des arrêts au Journal Officiel, sauf pour les ambassadeurs.
- Recouvrement des amendes par précompte sur salaire et obligation de rapport annuel du Ministre des Finances.
Détails et éléments notables
- Références légales :
- Abrogation de la loi n° 63-20 du 5 février 1963, sauf son article 12.
- Référence à l'ordonnance n° 60-17 du 3 septembre 1960 pour le recours en cassation.
- Décret de présentation du projet de loi daté du 24 mars 1976 (n° 76.341/PM.SGG.SL).
- Composition de la Cour :
- Président (magistrat de la Cour suprême), conseillers rapporteurs et suppléants nommés par décret pour 3 ans.
- Ministère public assuré par un Commissaire du Gouvernement et un substitut.
- Personnes concernées : Fonctionnaires, militaires, magistrats, agents de l'État, collectivités publiques, établissements publics, sociétés d'économie mixte, membres de cabinets ministériels.
- Fautes sanctionnées :
- En matière de dépenses : imputation irrégulière, gaspillage, non-respect des règles de marchés publics, etc.
- En matière de recettes : manque de diligence, non-respect des règles de recouvrement.
- Sanctions : Amende minimale de 50 000 francs, maximale équivalente au traitement brut annuel de l'auteur des faits.
- Procédure :
- Saisie exclusive par le Commissaire du Gouvernement.
- Instruction par un conseiller rapporteur, avec possibilité de complément d'enquête par l'Inspection générale d'État.
- Audiences non publiques, arrêts non susceptibles d'appel mais pouvant faire l'objet d'un recours en cassation ou en révision.
- Acteurs institutionnels :
- Président de la République (Léopold Sédar Senghor).
- Premier Ministre (Abdou Diouf).
- Garde des Sceaux, Ministre de la Justice (Alioune Badara Mbengue).
- Assemblée nationale (4ème législature, session extraordinaire de 1976).