Code de l'Urbanisme - Loi n° 2008-43 du 20 août 2008
Loi n° 2008-43 du 20 août 2008 portant Code de l’Urbanisme, harmonisant les dispositions avec la loi n° 96-07 du 22 mars 1996 sur le transfert de compétences aux collectivités locales.
Résumé
La Loi n° 2008-43 du 20 août 2008 portant Code de l'Urbanisme du Sénégal constitue un cadre juridique complet régissant l'aménagement, la gestion et le contrôle des espaces urbains. Elle remplace et modernise les dispositions antérieures, notamment celles de la loi n° 88-05 du 20 juin 1988, en intégrant les évolutions législatives telles que le transfert de compétences aux collectivités locales (loi n° 96-07 du 22 mars 1996). Ce Code vise à organiser rationnellement le sol pour améliorer les conditions de vie des populations, tout en favorisant un développement durable et la protection de l'environnement.
Points clés
- Transfert de compétences : Les collectivités locales (régions, communes, communautés rurales) se voient attribuer des compétences en matière d'urbanisme, notamment l'approbation des schémas directeurs et l'élaboration des plans directeurs d'urbanisme.
- Normes de densité : Introduction des coefficients d'occupation du sol (COS) et d'emprise au sol pour réguler la densité des constructions et des lotissements.
- Documents d'urbanisme : Définition et procédures d'approbation des schémas directeurs d'aménagement et d'urbanisme (SDAU), des plans directeurs d'urbanisme (PDU), des plans d'urbanisme de détails (PUD) et des plans de lotissement.
- Opérations d'aménagement : Cadre juridique pour la rénovation urbaine, la restructuration, le remembrement et les zones d'aménagement concerté (ZAC).
- Droit de préemption et réserves foncières : Mécanismes permettant à l'État et aux collectivités locales d'acquérir des immeubles pour des projets d'intérêt général.
- Autorisation de construire : Obligation d'obtenir une autorisation administrative pour toute construction ou modification, délivrée par le maire ou le président du conseil rural.
- Sanctions : Peines d'amendes et d'emprisonnement pour les infractions aux dispositions du Code, notamment les constructions illégales, les atteintes aux espaces verts et les lotissements non autorisés.
- Associations et coopératives : Reconnaissance des associations d'amélioration du cadre de vie et des sociétés coopératives de construction et d'habitat comme acteurs de l'urbanisme.
Détails et éléments notables
- Références législatives :
- Loi n° 96-07 du 22 mars 1996 (transfert de compétences aux collectivités locales).
- Loi n° 88-05 du 20 juin 1988 (ancien Code de l'Urbanisme).
- Loi n° 76-66 portant Code du Domaine de l'État (droit de préemption).
- Décret n° 91-748 du 29 juillet 1991 (procédure de restructuration).
- Acteurs institutionnels :
- Ministère chargé de l'Urbanisme.
- Collectivités locales (régions, communes, communautés rurales).
- Maires et présidents de conseils ruraux.
- Associations d'amélioration du cadre de vie et sociétés coopératives de construction.
- Sanctions financières :
- Ammendes allant de 20 000 FCFA à 20 000 000 FCFA selon la nature de l'infraction.
- Emprisonnement de un mois à deux ans pour certaines infractions.
- Répartition des amendes : 60 % pour la collectivité locale, 20 % pour l'État, 20 % pour les agents verbalisateurs (loi organique n° 2001-09 du 15 octobre 2001).
- Procédures spécifiques :
- Mesures de sauvegarde pendant l'élaboration ou la révision des plans d'urbanisme (sursis à statuer, suspension des autorisations de construire).
- Démolition des constructions irrégulières par le service chargé de la surveillance et du contrôle de l'occupation du sol.
- Indemnisation des propriétaires et locataires en cas de rénovation urbaine ou d'expropriation.
- Espaces verts et agriculture urbaine :
- Classement et protection des espaces verts urbains (jardins publics, parcs, plantations d'accompagnement).
- Interdiction de construire sur certaines zones et réglementation de la suppression d'arbres ou de plantations.