Législatif
Code de la Sécurité sociale au Sénégal : : comprendre la réforme de 2026
Le projet de loi n°16/2026 portant Code de la Sécurité sociale abroge la loi n°73-37 de 1973, limitée aux prestations familiales et aux accidents du travail. Ce texte de 326 articles crée une pension d'invalidité, une assurance maladie universelle à trois régimes et étend la couverture obligatoire aux travailleurs indépendants et de l'informel. Adopté en commission le 20 juin 2026, il a été renvoyé en commission le 22 juin pour un examen approfondi, sur fond de contestation syndicale.
Sommaire
À retenir
Les informations essentielles du dossier en un coup d'œil
- Texte actuel
- Loi n°73-37 du 31 juillet 1973 (mise à jour 1997), complétée par la loi n°75-50 du 3 avril 1975 sur les institutions de prévoyance sociale. Champ limité aux prestations familiales et aux accidents du travail et maladies professionnelles.
- Nouveau texte
- Loi n°16/2026 portant Code de la Sécurité sociale : 326 articles, 8 titres. Couvre accidents du travail, maladies professionnelles, prestations familiales, vieillesse, invalidité, survivants et assurance maladie universelle.
- Statut
- Adopté en commission des lois le 20 juin 2026 (présidence Abdoulaye Tall) ; examiné en séance plénière le 22 juin 2026 puis renvoyé en commission pour un examen approfondi. Non encore adopté en plénière ni promulgué. Plusieurs décrets d'application restent à prévoir.
- Structure
- Huit titres : dispositions générales, cadre institutionnel, financement, régime général, régime des indépendants, assurance maladie universelle, contentieux et sanctions, dispositions transitoires et finales.
- Chiffres clés
- Indemnité journalière AT : 1/2 du salaire les 28 premiers jours, 2/3 ensuite (art. 138). Majoration de retard : 10 %/mois, plafond 50 %/an (art. 320). Cotisation retraite : 60 % employeur / 40 % assuré (art. 212). Conseil d'administration : 14 membres (art. 19).
- Dates importantes
- Adoption en Conseil des ministres : 15 avril 2026. Décret de présentation : 12 mai 2026 (n°2026-1022). Adoption en commission : 20 juin 2026. Examen en plénière et renvoi en commission : 22 juin 2026. Préavis de grève générale des syndicats : 10 juillet 2026.
Documents liés
Chronologie
Premier Code de la sécurité sociale
Adoption de la loi n°73-37 portant Code de la Sécurité sociale, limitée aux prestations familiales et aux accidents du travail et maladies professionnelles.
Loi sur les institutions de prévoyance sociale
Adoption de la loi n°75-50 conférant un statut juridique aux institutions de prévoyance sociale (IPS), dont l'ancêtre de l'IPRES.
Directive CIPRES
Adoption de la Directive n°001/CM/CIPRES instituant un socle juridique de sécurité sociale pour les États membres de la Conférence interafricaine de la Prévoyance sociale, que le Code transpose.
Adoption en Conseil des ministres
Le Conseil des ministres du 15 avril 2026, présidé par Bassirou Diomaye Faye, examine et adopte le projet de loi portant Code de la Sécurité sociale, en même temps que le projet de loi portant Code du Travail et le projet de décret relatif au Conseil présidentiel de l'Investissement.
Présentation à l'Assemblée nationale
Décret n°2026-1022 du 12 mai 2026 ordonnant la présentation du projet de loi à l'Assemblée nationale. Le texte doit être présenté par le ministre chargé du Travail.
Adoption en commission des lois
La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains adopte le projet de loi n°16/2026, sous la présidence d'Abdoulaye Tall, avec deux amendements (articles 197 et 281).
Examen en plénière et renvoi en commission
Examiné en séance plénière en même temps que le Code du travail (projet n°15/2026), le texte n'est pas mis aux voix : à la demande du président de la commission des lois, les deux projets sont renvoyés en commission pour un examen approfondi, sur fond de contestation syndicale.
Comparatif
Ce qui change par rapport au texte précédent
| Élément | Ancien texte | Nouveau texte |
|---|---|---|
| Champ d'application | Loi de 1973 limitée aux prestations familiales et aux accidents du travail et maladies professionnelles ; retraite et assurance maladie gérées par des textes séparés. | Code unique couvrant accidents du travail, maladies professionnelles, prestations familiales, vieillesse, invalidité, survivants et assurance maladie universelle (articles 2 et 6). |
| Travailleurs indépendants | Aucun régime obligatoire de sécurité sociale pour les indépendants et les travailleurs de l'économie informelle. | Régime obligatoire des indépendants couvrant six branches (article 254) et affiliation volontaire ouverte aux Sénégalais de la diaspora pour la retraite (article 257). |
| Pension d'invalidité (origine non professionnelle) | Absente du dispositif des salariés du privé. | Pension d'invalidité créée pour une réduction d'au moins deux tiers de la capacité de travail (articles 221 à 226). |
| Assurance maladie | Assurance maladie obligatoire confiée à des institutions de prévoyance maladie régies par décret, hors du Code. | Assurance maladie universelle intégrée au Code, en trois régimes : salariés, indépendants, assistance médicale (article 262). |
| Textes de référence | Loi n°73-37 du 31 juillet 1973 et loi n°75-50 du 3 avril 1975. | Projet de loi n°16/2026, qui abrogerait et remplacerait les deux textes précédents une fois adopté et promulgué (article 326). |
Champ d'application
Ancien texte
Loi de 1973 limitée aux prestations familiales et aux accidents du travail et maladies professionnelles ; retraite et assurance maladie gérées par des textes séparés.
Nouveau texte
Code unique couvrant accidents du travail, maladies professionnelles, prestations familiales, vieillesse, invalidité, survivants et assurance maladie universelle (articles 2 et 6).
Travailleurs indépendants
Ancien texte
Aucun régime obligatoire de sécurité sociale pour les indépendants et les travailleurs de l'économie informelle.
Nouveau texte
Régime obligatoire des indépendants couvrant six branches (article 254) et affiliation volontaire ouverte aux Sénégalais de la diaspora pour la retraite (article 257).
Pension d'invalidité (origine non professionnelle)
Ancien texte
Absente du dispositif des salariés du privé.
Nouveau texte
Pension d'invalidité créée pour une réduction d'au moins deux tiers de la capacité de travail (articles 221 à 226).
Assurance maladie
Ancien texte
Assurance maladie obligatoire confiée à des institutions de prévoyance maladie régies par décret, hors du Code.
Nouveau texte
Assurance maladie universelle intégrée au Code, en trois régimes : salariés, indépendants, assistance médicale (article 262).
Textes de référence
Ancien texte
Loi n°73-37 du 31 juillet 1973 et loi n°75-50 du 3 avril 1975.
Nouveau texte
Projet de loi n°16/2026, qui abrogerait et remplacerait les deux textes précédents une fois adopté et promulgué (article 326).
Analyse
Pendant plus de cinquante ans, la sécurité sociale des salariés du privé au Sénégal a reposé sur la loi n°73-37 du 31 juillet 1973. Ce texte ne couvrait que trois risques : les prestations familiales, les accidents du travail et les maladies professionnelles. La retraite et l'assurance maladie étaient gérées à part, par l'IPRES et les institutions de prévoyance maladie, sur la base de décrets séparés.
Le projet de loi n°16/2026, présenté par décret présidentiel n°2026-1022 du 12 mai 2026, remplacerait l'ensemble de ce dispositif par un Code unique de 326 articles répartis en huit titres. Il abroge à la fois la loi de 1973 et la loi n°75-50 du 3 avril 1975 sur les institutions de prévoyance sociale (article 326). Adopté en commission des lois le 20 juin 2026, le texte a été examiné en séance plénière le 22 juin 2026 puis renvoyé en commission pour un examen approfondi : il n'a donc pas encore été adopté en plénière ni promulgué.
Trois changements concrets dominent : la création d'une pension d'invalidité pour les salariés (jusqu'ici inexistante), l'instauration d'une assurance maladie universelle obligatoire à trois régimes, et l'extension de la protection aux travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales, agriculteurs) et aux très petites unités économiques. Le Code transpose la Directive n°001/CM/CIPRES du 12 décembre 2014 et s'appuie sur les recommandations n°202 (2012) et n°204 (2015) de l'OIT.
Ce dossier détaille article par article ce que la loi prévoit réellement : les nouveaux droits, les seuils chiffrés, les délais de procédure, ce qui change pour les salariés, les indépendants, les employeurs et les administrations, ainsi que les points qui restent à fixer par décret.
Ce qu'il faut retenir
- Le projet de loi n°16/2026 a été adopté en commission des lois le 20 juin 2026, puis examiné en séance plénière le 22 juin 2026 et renvoyé en commission pour un examen approfondi. Une fois adopté et promulgué, il abrogera les lois de 1973 et 1975 (article 326).
- Le Code compte 326 articles en huit titres. Il couvre désormais dans un seul texte les accidents du travail, les maladies professionnelles, les prestations familiales, la vieillesse, l'invalidité, les survivants et l'assurance maladie.
- Une pension d'invalidité est créée pour les assurés dont la capacité de travail est réduite d'au moins deux tiers à la suite d'une maladie ou d'un accident non professionnels (article 221).
- Une assurance maladie universelle obligatoire est instaurée, composée de trois régimes : salariés, indépendants et assistance médicale (article 262).
- Les travailleurs indépendants relèvent désormais d'un régime obligatoire (article 254), et les Sénégalais de la diaspora sans couverture peuvent s'affilier volontairement à la branche retraite (article 257).
- Le conseil d'administration des institutions passe à quatorze membres, avec une présidence tournante entre employeurs et travailleurs (articles 19 et 28).
Pourquoi cette réforme ?
L'exposé des motifs identifie six limites du système hérité de 1973 : la dispersion et l'obsolescence des textes, l'absence de gestion axée sur les résultats, la non-prise en compte du droit communautaire CIPRES, l'insuffisance des prestations, l'exclusion de certaines catégories de bénéficiaires et la faiblesse des moyens juridiques de l'inspection du travail.
Concrètement, la loi de 1973 laissait de côté des pans entiers de la population active : les travailleurs indépendants et ceux de l'économie informelle n'avaient aucun régime obligatoire de sécurité sociale. Côté salariés, aucune pension n'était prévue pour l'invalidité d'origine non professionnelle. La réforme répond à ces manques et inscrit le dispositif dans l'axe 2 de la Stratégie nationale de Développement (« Capital humain de qualité et Équité sociale »).
Les principaux changements
Un champ d'application élargi
L'article 2 soumet au Code les employeurs et travailleurs relevant du Code du Travail et du Code de la Marine marchande, mais aussi, pour la première fois de manière obligatoire, les travailleurs indépendants et assimilés. L'article 6 organise trois ensembles : un régime général (salariés), un régime des travailleurs indépendants, et des régimes d'assurance maladie universelle. Des mécanismes simplifiés sont prévus pour les très petites unités économiques.
La création d'une pension d'invalidité
L'article 221 définit l'invalide comme l'assuré qui, par suite de maladie ou d'accident d'origine non professionnelle, subit une diminution permanente d'au moins deux tiers de sa capacité de travail ou de gain. L'état d'invalidité est constaté par le médecin traitant et confirmé par le médecin-conseil (article 222). En cas de désaccord, un médecin expert tranche, son avis s'imposant aux parties (article 223). La pension est temporaire et révisable (article 224), et se transforme en pension de vieillesse sans abattement à l'âge d'anticipation de la retraite (article 226).
L'assurance maladie universelle
L'article 262 institue une assurance maladie universelle composée de trois régimes : le régime obligatoire des salariés (Code du Travail et Marine marchande), le régime obligatoire des indépendants et assimilés, et le régime d'assistance médicale pour les personnes sans ressources suffisantes. L'affiliation des salariés est obligatoire pour tout employeur, quel que soit son effectif (article 268). L'employeur qui n'affilie pas ses travailleurs doit prendre en charge la totalité de leurs frais médicaux, pharmaceutiques et d'hospitalisation (article 268). L'article 273 liste les prestations couvertes : consultations, analyses et imageries, médicaments sur ordonnance, soins dentaires, accouchements, optique médicale, transports vers l'hôpital et hospitalisation. L'article 274 énumère les exclusions (médicaments de confort, chirurgie esthétique, soins de pédicure et manucure, gymnastique corrective, etc.).
Un recouvrement des cotisations renforcé
La procédure suit une cascade précise. Toute poursuite est précédée d'une mise en demeure laissant trente jours francs à l'employeur pour régulariser (article 297). Si elle reste sans effet, le directeur de l'institution délivre une contrainte rendue exécutoire par le président du tribunal du travail dans un délai de cinq jours francs (article 298). L'employeur dispose de quinze jours francs pour former opposition, mais celle-ci n'est recevable et suspensive que s'il soulève des contestations sérieuses et verse une caution égale à la moitié de la créance (article 299). Un avis à tiers détenteur permet de saisir directement les sommes du débiteur entre les mains d'un tiers, par exemple sa banque (article 307). L'action en recouvrement se prescrit par cinq ans (article 306).
Une gouvernance resserrée
Le conseil d'administration des institutions comprend quatorze membres : trois représentants de l'État employeur, quatre des organisations d'employeurs et sept des organisations de travailleurs (article 19). Le mandat des administrateurs est de trois ans, renouvelable une fois (article 22). La présidence est tournante, en alternance entre le collège des employeurs et celui des travailleurs (article 28). Le directeur général est nommé pour cinq ans, renouvelable une fois, après appel à candidatures (article 44), et lié par un contrat de performance (article 45).
Les mesures les plus importantes (chiffres et seuils)
Le Code fixe de nombreux paramètres directement dans la loi. Pour les accidents du travail, l'indemnité journalière est égale à la moitié du salaire journalier pendant les vingt-huit premiers jours d'arrêt, puis aux deux tiers à compter du vingt-neuvième jour (article 138). En cas d'incapacité permanente totale nécessitant l'assistance d'une tierce personne, la rente est majorée de 40 %, sans pouvoir être inférieure à 70 % du salaire minimum annuel de réparation (article 148). L'ensemble des rentes d'ayants droit ne peut dépasser 85 % du salaire annuel de la victime (article 152).
Pour le recouvrement, le retard de paiement des cotisations entraîne une majoration de 10 % par mois ou fraction de mois, plafonnée à 50 % par an (article 320). Le défaut de déclaration nominative des salaires coûte 1 % par jour de retard des sommes non déclarées (article 324). En cas de taxation d'office sur des déclarations antérieures, celles-ci sont majorées de 70 % (article 321). Entraver l'action des agents habilités expose à une amende de 500 000 à 2 000 000 de francs CFA et à un emprisonnement de quinze jours à trois mois (article 313).
Pour la retraite, la cotisation est répartie à raison de 60 % pour l'employeur et 40 % pour l'assuré (article 212). Le délai de stage minimal est de cent vingt mois (ou mille points de retraite) pour le régime général, ramené à soixante mois (ou cinq cents points) pour les employés de maison (article 215). La retraite anticipée est possible au plus tôt cinq ans avant l'âge légal (article 213). L'âge lui-même reste fixé par décret.
Les impacts pour les citoyens
Pour un salarié, le changement majeur est l'ouverture d'une pension d'invalidité en cas de maladie ou d'accident non professionnels réduisant des deux tiers sa capacité de travail (article 221). L'article 305 lui donne aussi le droit d'obtenir à tout moment l'état de ses cotisations auprès de l'institution et de poursuivre son employeur devant le tribunal du travail si celui-ci ne l'a pas affilié ou n'a pas versé ses cotisations.
Pour les travailleurs indépendants, c'est une entrée dans la protection sociale obligatoire : maladie, vieillesse, invalidité, survivants, prestations familiales et accidents du travail (article 254). Les professions libérales (avocats, médecins, notaires, architectes…), commerçants, artisans, agriculteurs, pêcheurs et artistes sont concernés (article 256). Le conjoint qui collabore régulièrement à l'activité est assimilé à un indépendant (article 256).
Pour les Sénégalais de la diaspora sans couverture dans leur pays d'accueil, l'article 257 ouvre une affiliation volontaire à la branche retraite des indépendants. Les personnes sans ressources suffisantes relèvent du régime d'assistance médicale (article 284), financé par une dotation budgétaire de l'État (article 289).
Les impacts pour les entreprises
Tout employeur doit s'immatriculer auprès des institutions de prévoyance sociale (article 89) et affilier ses travailleurs dans un délai de deux mois à compter de la première embauche (article 90). L'affiliation à l'assurance maladie devient obligatoire pour tout employeur, sans seuil d'effectif (article 268).
Le versement des cotisations suit deux rythmes selon la taille : dans les quinze premiers jours de chaque mois pour les employeurs de vingt salariés ou plus, et dans les quinze premiers jours de chaque trimestre en dessous de vingt salariés (article 93). Les cotisations de prestations familiales, de maternité et d'accidents du travail restent à la charge exclusive de l'employeur (article 75). En cas de faute inexcusable de l'employeur dans un accident, les indemnités de la victime sont majorées et récupérées via une cotisation supplémentaire (article 128).
Les impacts pour les administrations
La tutelle technique est exercée par le ministre chargé de la Sécurité sociale et la tutelle financière par le ministre chargé des Finances (article 53). La tutelle technique peut suspendre un conseil d'administration pour une durée maximale de trois mois en cas de carence ou d'irrégularités graves (article 24), la dissolution relevant d'un décret. Un organe d'orientation de la politique générale de sécurité sociale est institué auprès du Premier ministre (article 67).
L'inspection du travail et de la sécurité sociale voit ses moyens renforcés : pouvoir d'amende administrative (article 309), conduite des enquêtes en cas d'accident grave (article 113), constatation des infractions par procès-verbal faisant foi (article 316). Les institutions doivent réaliser une analyse actuarielle de chaque branche au moins tous les cinq ans (article 86).
Les dispositions transitoires
Les procédures en cours avant l'entrée en vigueur du Code restent soumises, pour la durée restant à courir, aux lois applicables à cette date (article 325). Le Code ne remet pas en cause les droits déjà acquis par les assurés ni les prestations déjà attribuées, notamment l'allocation de solidarité et l'allocation forfaitaire cadre (article 325).
Les débats
Le calendrier d'examen a cristallisé une forte opposition sociale. Le Front syndical pour la défense du travail, qui regroupe les principales centrales, a dénoncé un « passage en force » et reproché au gouvernement d'avoir transmis les textes à l'Assemblée sans communiquer les versions définitives aux partenaires sociaux, malgré une demande formulée dès le 6 mai 2026. Les centrales ont déposé un préavis de grève générale pour le 10 juillet 2026. Le projet de Code de la Sécurité sociale a été examiné en même temps que le projet de loi n°15/2026 portant Code du travail, plus directement visé par la contestation.
Examiné en séance plénière le 22 juin 2026, le texte n'a pas été mis aux voix : à la demande du président de la commission des lois, Me Abdoulaye Tall, les deux projets ont été renvoyés en commission pour un examen approfondi, sur le fondement de l'article 84 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale.
Lors de l'adoption en commission, le 20 juin 2026, deux amendements avaient été introduits par la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains. L'article 197, relatif à l'interdiction de cumul des prestations familiales entre parents, a été corrigé pour supprimer la référence à la « puissance paternelle ». L'article 281, sur les bénéficiaires de l'assurance maladie des indépendants, a été modifié pour retirer le plafonnement du nombre de personnes couvertes par ménage.
Ce qui reste à venir
De nombreux paramètres essentiels sont renvoyés à des décrets d'application non encore publiés. C'est le cas de l'âge légal de départ à la retraite (article 213), du montant de la pension minimale (article 219), des taux et de l'assiette de cotisation des indépendants (article 259), des seuils d'effectif et de chiffre d'affaires définissant les très petites unités économiques (article 87), du taux de base des prestations familiales (article 198) et du paquet minimum de services de l'assistance médicale (article 286). La portée réelle de la réforme dépendra largement de ces textes réglementaires.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le nouveau Code de la Sécurité sociale change pour les salariés ?
Les travailleurs indépendants sont-ils concernés par le Code de 2026 ?
Qu'est-ce que l'assurance maladie universelle prévue par le projet de loi n°16/2026 ?
Quand le nouveau Code de la Sécurité sociale entre-t-il en vigueur ?
Que se passe-t-il si un employeur ne paie pas les cotisations sociales ?
Le Code de 2026 remet-il en cause les retraites et droits déjà acquis ?
Sources & ressources
Données, dashboards et liens utiles
- Conseil des ministres du 15 avril 2026 (adoption du projet de loi), Vie-Publique.sn
- Assemblée nationale – Examen et renvoi en commission des projets de loi n°15/2026 et n°16/2026 (22 juin 2026), Vie-Publique.sn
- Projet de loi n°16/2026 portant Code de la Sécurité sociale – Assemblée nationale du Sénégal
- Rapport de la Commission des Lois sur le projet de loi n°16/2026 – Assemblée nationale du Sénégal
- Code de la sécurité sociale – Loi n°73-37 du 31 juillet 1973 (mise à jour 1997)