Loi 2012-25 du 28 décembre 2012 autorisant la ratification de l'Accord entre le Gouvernement du Séné

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Résumé

La Loi n°2012-25 du 19 décembre 2012 autorise le Président de la République du Sénégal à ratifier l'Accord entre le Gouvernement du Sénégal et l'Union africaine (UA) sur la création de Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises. Cet accord vise à poursuivre les crimes internationaux commis au Tchad entre le 7 juin 1982 et le 1er décembre 1990, conformément aux engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention des Nations Unies contre la torture de 1984.

Points clés

  • Création de Chambres africaines extraordinaires (instruction, accusation, assises et assises d'appel) au sein des juridictions sénégalaises pour juger les crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture.
  • L'Accord a été signé le 22 août 2012 à Dakar et entre en vigueur après ratification par le Sénégal.
  • Les Chambres appliquent le droit pénal international, le Code pénal et le Code de procédure pénale sénégalais.
  • Financement assuré par le budget approuvé lors de la Table ronde du 24 novembre 2010, avec possibilité de ressources supplémentaires.
  • Immunités et privilèges accordés aux juges, procureurs, témoins et experts, conformément aux conventions internationales.
  • Les crimes relevant de la compétence des Chambres sont imprescriptibles.
  • La loi a été adoptée par l'Assemblée nationale le 19 décembre 2012 après examen par une intercommission parlementaire.

Détails et éléments notables

  • Références juridiques :
    • Convention des Nations Unies contre la torture (10 décembre 1984, ratifiée par le Sénégal le 21 août 1986).
    • Résolutions de l'UA Doc Assembly/AU/3(VIII) et Doc Assembly/AU/Dec.40 (XVIII).
    • Arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO du 18 novembre 2010.
    • Arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ) du 20 juillet 2012 (Belgique c. Sénégal).
    • Article 7 de la Convention contre la torture et article 95 de la Constitution sénégalaise.
  • Acteurs institutionnels :
    • Gouvernement du Sénégal (Ministre des Affaires étrangères, Ministre de la Justice).
    • Union africaine (Commission de l'UA, Représentant spécial du Président de la Commission).
    • Assemblée nationale du Sénégal (Intercommission des Affaires étrangères et des Lois).
    • Chambres africaines extraordinaires (instruction, accusation, assises, assises d'appel).
  • Dispositions spécifiques :
    • Application provisoire de l'Accord à partir de sa signature (article 13).
    • Durée estimée du procès : 27 mois (15 mois pour l'instruction, 7 mois pour le jugement, 5 mois pour l'appel).
    • Peines applicables : jusqu'à 30 ans d'emprisonnement ou perpétuité pour crimes graves.
    • Création d'un fonds pour les victimes, alimenté par des contributions volontaires.
    • Protection des témoins, victimes et experts pendant et après le procès.
  • Procédure parlementaire :
    • Examen par une intercommission le 2 décembre 2012, présidée par M. Mouhamed Tété Diedhiou.
    • Rapporteur : M. Samba C. Diaman Bathily.
    • Adoption à la majorité par l'Assemblée nationale le 19 décembre 2012.